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8 à 10 ans
Klorophile inove.
Après les maths, la grammaire, l'orthographe, l'écriture, l'allemand, le dessin... notre ami Kloro découvre les plaisirs de la lecture.
Il va vivre des aventures passionnantes et mystérieuses.
Veux-tu le suivre?
Voici UNE DRÔLE D'HISTOIRE
e soir, Klorophilou a l'autorisation de dormir chez Clothaire. Il aime bien dormir dans le petit lit placé à côté de celui de son ami. Ils ont d'abord fait leurs devoirs, puis ils ont dîné, ils se sont mis en pyjama et ont lu un long moment. Klorophilou a lu quelques pages du livre qu'il a emprunté à la bibliothèque des jeunes :" Le château des trois fantômes", et Clothaire a terminé un roman policier offert par sa grand-mère et dont le titre l'amuse beaucoup :"Le mort qui riait tout seul". Les parents de Clothaire viennent leur souhaiter bonne nuit et les deux garçons éteignent
la lumière. C'est le moment qu'ils attendaient avec impatience. Ils vont pouvoir chuchoter, se raconter des histoires, dire tout ce qui leur passe par la tête et rire pour un rien en se cachant sous les draps pour qu'on ne les entende pas. Quand Clothaire lui demande : " Klorophilou, est-ce que tu pourrais me raconter une histoire qui fait peur ?", notre ami est tout content, il adore faire peur à ses camarades. Il réfléchit quelques secondes et commence :
– C'est l'histoire de deux monstres, un mâle et une femelle, qui ressemblent à des gorilles. Ils vivent dans la forêt, perchés dans les branches. Couverts de longs poils noirs, ils sont énormes et très laids. Ils terrorisent tout le monde, les hommes et les animaux. Ils se nourrissent de mammifères, tels que les chevreuils, les cerfs et les sangliers et ils sont capables de dévorer un homme. On a promis une grosse récompense au chasseur qui réussirait à les capturer vivants. Un beau jour, la femelle met au monde un petit. Quelle n'est pas la surprise des parents en le voyant grandir très vite et devenir en quelques semaines plus grand qu'eux ! " Chic, se disent-ils, il va pouvoir chasser à notre place et nous pourrons enfin nous reposer." Erreur ! Le petit qui était devenu une énorme bête était doux comme un agneau, il ne tuait aucun animal et il ne mangeait que des fruits, des myrtilles, des mûres sauvages et des groseilles qu'il cueillait dans les jardins. La première fois qu'il a vu un être humain, il a couru vers lui et, au lieu de le dévorer, il lui a longuement léché les joues. Alors ses parents, fous de rage, voyant qu'il n'était pas cruel et méchant comme eux l'ont abandonné et depuis, il se promène seul dans la forêt et quelquefois, les nuit de pleine lune, on l'entend hurler de chagrin.
Après un long moment de silence, Clothaire dit :
– Tu sais, ton histoire, elle est triste et elle me fait peur, car je n'aimerais pas le rencontrer, ton monstre.
– Pourquoi ? demande Klorophilou, tu ne risque-rais rien. Il est gentil.
– Oui, mais moi, je déteste qu'on me lèche les joues.
encore une...
L'HABITANT DE L'ÎLE MYSTERIEUSE
l fait un temps splendide et nos quatre amis ont obtenu l'autorisation de passer l'après-midi au bord du lac de Moncoucou à condition de téléphoner toutes les heures à leurs parents grâce au portable de Clothaire. Ils ont eu de nombreux conseils de prudence.
– Ne tombez pas à l'eau, leur a dit la mère de Klorobelle.
– Ne dérangez pas les poissons, leur a recommandé le père de Kloroboule.
– N'effrayez pas les poules d'eau, leur a conseillé la tante de Clothaire.
– N'agacez pas les pêcheurs, leur a ordonné Klorophile.
– Oui, maman ; oui, papa ; oui, tata, ont-ils répondu en chœur et ils sont partis tout joyeux.
Un chemin étroit court sur la berge tout autour du lac. Les roseaux forment un épais rideau troué de-ci de-là par une barque de pêcheur.
– Tiens ! Regardez ! De la fumée sur l'île ! s'exclame Klorophilou.
En effet, une colonne de fumée s'élève au-dessus de la grande île qui s'étend au milieu du lac. Cette île, ils n'y sont jamais allés. Pourquoi ? Personne ne le sait. Peut-être parce qu'ils pensaient que c'était impossible. Mais aujourd'hui, c'est différent…
– On y va ? propose Kloroboule.
Klorobelle semble hésitante.
– Tu crois qu'on peut ?
– Bien sûr, affirme Klorophilou catégorique. Il se tourne vers Clothaire :
– Qu'est-ce que tu en penses ? Tu saurais comment y aller ?
Clothaire a déjà trouvé la solution.
– Attendez-moi. Je reviens dans cinq minutes.
Au bout de cinq minutes, Clothaire revient par le lac… dans une barque.
– Ne craignez rien. Je l'ai empruntée à Barnabé Gaudillart, un pêcheur. Il nous la laisse tout l'après-midi. Allez, sautez dedans, nous appareillons !
Klorophilou et Kloroboule rament avec vigueur et l'île est vite atteinte. Des aboiements furieux les accueillent et ils n'ont guère envie de débarquer lorsqu'ils voient jaillir d'un buisson un énorme chien-loup à l'air menaçant. On entend aussitôt quelqu'un qui dit d'une voix ferme :
– Silence, Schnaps ! Tu vois que ce sont des enfants !
Un jeune homme apparaît. Il a l'air gentil. Grand et svelte, il a des cheveux blonds bouclés. Il est pieds nus et il est vêtu d'un jeans sale et d'un tee-shirt rouge troué à plusieurs endroits.
– Bonjour les gars ! Je me présente : je m'appelle Rigobert. J'ai seize ans. Ravi de vous accueillir sur mon île. N'ayez pas peur de Schnaps. Il fait beaucoup de bruit, mais il est doux comme un agneau. Venez, je vous emmène visiter mon campement.
Les enfants le suivent, à la fois intrigués et inquiets. Quel drôle de personnage ! Ils arrivent dans une clairière où se dresse une tente devant laquelle brûle un feu de bois. De nombreuses gamelles sales et des bouteilles vides jonchent le sol.
– Asseyez-vous. Vous avez soif ?
Assis en rond autour du feu, ils écoutent Rigobert leur raconter sa vie :
– J'habite tout seul sur l'île pendant toutes les vacances d'été. J'ai de
la chance. Mes parents sont d'accord. Ils me rendent même visite quelquefois. J'adore cette vie. Je me fais à manger, je lis, j'écoute de la musique, j'observe les étoiles, j'étudie la vie des animaux qui vivent sur l'île et sur le lac. C'est passionnant. Je ne m'ennuie jamais. Plus tard, je serai explorateur.
Tout en visitant l'île, les enfants apprennent mille choses avec Rigobert. Il leur montre comment fabriquer un arc, une fronde et un sifflet, comment creuser une écorce pour en faire un bateau. Ce garçon est très doué. Les enfants sont en admi-ration devant lui. Il explique tout si calmement. Ils ont envie de rester avec lui. Plusieurs fois, ils ont failli oublier de téléphoner aux parents. Hélas ! Le temps passe si vite quand on est intéressé. Il est déjà l'heure de rentrer et de rendre sa barque à Barnabé. Dommage !
– Au revoir, Rigobert !
– Au revoir, les gars ! Revenez me voir !
– Nous reviendrons, c'est sûr. C'était trop bien, lui lance Klorophilou qui ajoute : " Moi, aussi je veux être explorateur".
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